Les élections législatives françaises de 2017

Billet de blogue rédigé par Mathilde Alibert dans le cadre du cours POL3015 (automne 2017)

 

Résumé

Les élections législatives françaises de 2017 ont réuni près de 7882 candidats, dont 3344 femmes, afin d’élire les 577 députés de la XVème législature de la Vème République française (France, Ministère de l’Intérieur, 2017). Le mode de scrutin est uninominal majoritaire à deux tours dans chacune des circonscriptions. Les législatives se sont déroulées les dimanches 11 et 18 juin 2017, soit environ un mois après les élections présidentielles. Plus de 47 millions de citoyens étaient appelés à voter ; le taux de participation au premier tour était de 48,71%, et de 42,64% au second (« Résultats législatives 2017 », Le Figaro, 2017).

 

Les débats

Il y a eu de nombreux débats sur les chaînes régionales de France 3. Les 24 rédactions de la chaîne ont organisé des débats dans quelques 50 circonscriptions, afin d’évoquer les enjeux locaux mais aussi nationaux. Il y aura aussi des diffusions sur les réseaux sociaux, dont Facebook (« Élections législatives2017 », L’Obs, 2017).

 

Les intentions de vote

Lors de la première semaine de juin, les institutions de sondage parlaient d’une intention de vote pour LREM-MoDem d’environ 30%, le résultat du premier tour atteindra les 32,33%.

Pour LR-UDI, des intentions de 21,8%, ils obtiendront 18,8% des votes. Pour le PS-PRG, les intentions de vote étaient de 8%, les résultats de 7,91%.

En ce qui concerne les résultats du second tour, les projections d’Ipsos annonçaient entre 67 et 72% de voix et entre 385 et 415 sièges pour la REM et le MoDem. Le groupe LR-UDI oscillait entre les 18 et 22%, et 105 et 125 sièges. Les projections évoquaient de 4 à 6% d’intentions de vote, et de 25 à 35 sièges pour le PS-PRG.

Globalement, les institutions de sondage annonçaient l’obtention d’une majorité considérable à l’égard de LREM-MoDem, phénomène qui sera finalement plus faible qu’escompté (Herreros et Boudet, 2017).

 

Les temps forts

Lors de ces élections législatives, LR et le PS ont vécu une défaite historique. Habituellement partis majoritaires à l’Assemblée, LREM est parvenue à dominer l’hémicycle en un an d’existence. Le parti obtient la majorité avec 308 sièges sur 577 (« Législatives. La nouvelle Assemblée en cinq chiffres », Ouest France, 2017).

Le scrutin a aussi été marqué par une forte abstention : 51,3% au premier tour, 57,36% pour le second. En 2007, le taux était de 39,6% et de 40,0%.

 

Présentation des candidats et des partis politiques

Les partis politiques : Annexe 1

Lors de cette élection, huit partis principaux se sont présentés : La République en marche ! (REM ou LREM) et le Mouvement démocrate (MoDem), Les Républicains (LR) et l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), le Front National (FN), La France insoumise, le Parti socialiste (PS) et le Parti radical de gauche, Europe Écologie Les Verts (EELV), Debout la France, et enfin, le Parti communiste français (PCF).

La REM et le MoDem se sont alliés pour ces élections. Et une vingtaine de députés sortants du Parti Socialiste ont obtenu l’étiquette LREM. En outre, la REM n’a pas présenté de candidats dans 57 circonscriptions, afin de « protéger » des membres du PS et des LR jugés proches de la ligne du parti.

Les Constructifs rassemblent Républicains, indépendants et membres de l’UDI (Garat, Huet et Berdah, 2017).

Le PS et le PCF ne sont pas présentés dans plusieurs circonscriptions au profit d’EELV, notamment à la suite des accords d’alliance qui avaient été signés lors de la présidentielle. De même pour la France insoumise qui n’a pas investi certains candidats au profit du PCF, même si les deux partis étaient auparavant réunis sous la bannière du Front de gauche.

La République en marche ! est un parti nouvellement créé par Emmanuel Macron, le 6 avril 2016, alors Ministre de l’Économie au gouvernement de François Hollande. La ligne idéologique est sociale-libérale, et se place au centre. LREM est pro-Europe, progressiste, et pro-mondialisation. Emmanuel Macron a remporté la présidentielle de 2017 sous la bannière En Marche !. Le MoDem a été créé en 2007, c’est un parti centriste, indépendant, et social-libéral.

Les Républicains est un parti de droite et de centre-droit, issu de l’Union pour un mouvement populaire créée en 2002, renommée en 2015 par l’ancien Président Nicolas Sarkozy. Sa ligne idéologique s’oriente vers le libéralisme et le conservatisme. L’UDI (2002) se place au centre droit, d’idéologie libérale, progressiste, et pro-européenne.

Le Front National a été fondé en 1972, par le parti d’extrême droite et néofasciste Ordre Nouveau. Il est présidé par Jean-Marie Le Pen jusqu’en 2001, puis par sa fille Marine Le Pen. C’est un parti politique d’extrême droite, nationaliste, conservateur, eurosceptique, souverainiste, et contre l’immigration.

La France insoumise a été créée en 2016 par Jean-Luc Mélenchon, afin de représenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Ce parti se place à gauche voire gauche radicale, prône l’éco-socialisme, l’antilibéralisme, et le populisme de gauche.

Le PS constitue l’héritage de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), fondée en 1905, par Jean Jaurès et renommée en 1969. C’est un parti politique de gauche et de centre-gauche, social-démocrate et écologique. Le Parti socialiste était à la tête du gouvernement de 2012 à 2017, représenté par le Président François Hollande.

EELV a été fondé en 2010 dans la continuité du parti politique Les Verts. Il est de gauche radicale, et revendique un écologisme politique.

Debout la France est un parti de droite voire d’extrême droite, fondé 1999.

Le Parti communiste français a vu le jour en 1920 lors d’un congrès de la SFIO. Il se positionne à l’extrême gauche, puis à la gauche radicale.

 

Les Présidents des groupes parlementaires

Il y a aura sept groupes parlementaires élus à l’Assemblée. LREM est présidée par le député Richard Ferrand. Le MoDem est présidé par Marc Fesneau. Les constructifs sont représentés par Franck Riester (LR), et Stéphane Demilly (UDI). Les Républicains sont présidés par Christian Jacob. Le député Olivier Faure est à la tête du groupe parlementaire La Nouvelle Gauche. Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2017, préside La France insoumise. Enfin, André Chassaigne représente la Gauche démocrate et républicaine (« Sept groupes politiques enregistrés à l’Assemblée nationale », Le Monde, 2017).

 

Les candidats

En ce qui concerne les candidats, cette élection fait preuve d’un fort renouvellement des députés : il y a 415 primo députés (71,82%). 145 députés seront réélus, et 17 ont déjà été élus lors de législatures précédentes (Durand, 2017). De plus, l’Assemblée compte désormais 224 femmes (38,2%) contre 155 lors de la précédente législature. L’âge moyen est de 48 ans.

Pour LREM, 52% de ses candidats sont issus de la société civile, donc 281 sur 525 (Ferrer et Damgé, 2017).

Six membres du gouvernement du Président Macron participeront aux législatives : Richard Ferrand, Bruno Le Maire, Annick Girardin, Marielle de Sarnez, Christophe Castaner et Mounir Mahjoubi. Plusieurs anciens candidats à l’élection présidentielle vont se présenter et êtres élus, tels que : Jean-Luc Mélenchon (FI), Jean Lassalle (Non-Inscrits), Nicolas Dupont-Aignan (Non-Inscrits) et Marine Le Pen (FN). Benoît Hamon (PS), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et François Asselineau (Union populaire républicaine) seront battus dès le 1er tour. L’ancien Premier Ministre du gouvernement Hollande, Manuel Valls, sera élu sous la bannière de la Nouvelle Gauche, car il n’a pas été reconnu par LREM et a perdu l’investiture du PS. L’ancien Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, sera élu, tout comme Sylvia Pinel, anciennement Ministre du Logement. Myriam El Khomri (ex-Ministre du Travail), Najat Vallaud-Belkacem (ex-Ministre de l’Éducation nationale), Marisol Touraine (ex-Ministre des Affaires sociales et de la Santé), et Valérie Fourneyron (ex-Ministre des Sports et de la Jeunesse) ne seront pas élues.

 

Les résultats électoraux

 

Les indicateurs : nombre effectif de partis politiques et indice de disproportionnalité

 

Nombre effectif de partis politiques : Annexe 2

Les élections législatives françaises sont organisées selon un mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Selon la Loi Duverger, les systèmes uninominaux majoritaires accentuent le phénomène du bipartisme. Ce principe s’explique par le lien entre le système politique et son système électoral. La France, qui oscille majoritairement entre le PS et LR, fait acte de cette loi.

Afin de rendre compte du système électoral français sur le nombre de partis à l’Assemblée, on peut utiliser un indicateur du nombre effectif de partis, théorisé par Laakso et Taagepera (1979). Il permet de mesurer le poids de chaque parti élu, donc le degré de fragmentation du pouvoir. Généralement, les systèmes majoritaires et pluralitaires ont un nombre effectif de partis plus faible, à l’inverse des systèmes proportionnels.

Le nombre effectif de partis politiques à l’Assemblée nationale suite aux élections législatives est d’environ 3,95, sur sept groupes parlementaires au total. En France, de 1945 à 2012, le nombre effectif a oscillé entre 2,26 (2002) et 5,93 (1951). Sur cette période, la moyenne se situe à 3,68 partis effectifs (Voir Annexe 4).

La France, de par son mode de scrutin, fait souvent preuve d’un bipartisme gauche/droite à l’Assemblée. En 2017, on observe une meilleure diffusion des pouvoirs au sein des partis politiques, mais qui reste tout de même faible.

 

Indice de disproportionnalité : voir Annexe 3

Du point de vue de la proportionnalité d’un système électoral, Michael Gallagher a mis en place un indice afin de rendre compte de la disproportionnalité dans l’attribution des sièges, intitulé le Least Squares Index of Disproportionnality. Il indique la différence entre le pourcentage de votes et le pourcentage de sièges attribués aux partis politiques.  Plus l’indice est élevé, moins l’attribution des sièges sera proportionnelle. Les scrutins majoritaires font souvent acte d’un degré de disproportionnalité plus important.

Lors des élections de 2017, le degré de disproportionnalité est de 9,374 environ. Depuis 1945, la France a aussi bien connu faible et forte disproportionnalité : en 1946, l’indice était de 3,05, en 1967, il est de 10,03 et en 1993, de 25,25. Globalement, la disproportionnalité est plus souvent représentée au sein du système français, et tend à l’être davantage. Depuis 1988, l’indice n’est plus passé en dessous de 10. En moyenne, la disproportionnalité est d’environ 12,431 (Voir Annexe 4).

La nouvelle composition de l’Assemblée française fait donc preuve d’une plus faible disproportionnalité, comparativement aux années précédentes. La proportionnalité est plus respectée entre la part de votes et celle de sièges.

 

Annexes

Annexe 1 : Échiquier idéologique des partis politiques français

Contrepoints : carte de l’échiquier politique français.

 

Annexe 2 : Détails du nombre effectif des partis politiques

Annexe 3 : Détails de la disproportionnalité

Annexe 4 : Tableau des indices électoraux en France de 1945 à 2012

 

Bibliographie

Parliaments and governments database : www.parlgov.org

28 juin 2017, « Sept groupes politiques enregistrés à l’Assemblée nationale ». Le Monde.

Anne-Aël Durand, 14 juin 2017, « Législatives : 242 candidats La République en marche qualifiés pour le second tour ont déjà eu un mandat électif ». Les Décodeurs, Le Monde.

Maxime Ferrer, Mathilde Damgé, et al. 6 juin 2017, « Qui sont les candidats de La République en marche aux législatives 2017 ? L’enquête du « Monde ». Les Décodeurs, Le Monde.

« Résultats législatives 2017 ». Le Figaro.

Romain Herreros, Alexandre Boudet, 16 juin 2017, « Sondages législatives 2017 : Ce que disent les enquêtes avant le 2e tour ». Huffingtonpost.

19 juin 2017, « Législatives. La nouvelle Assemblée en cinq chiffres ». Ouest France.

France. Ministère de l’Intérieur. 2017. Résultats des élections législatives 2017.

Jean-Baptiste Garat, Sophie Huet, Arthur Berdah, 20 juin 2017, « L’heure de la scission a sonné chez Les Républicains ». Le Figaro.

Alain Cohen-Dumouchel, 8 mars 2014, « Carte de l’échiquier politique français ». Contrepoints. www.contrepoints.org

« Élections législatives 2017 ». TéléObs, L’Obs.

PDF élections Québec Annexe 1 : Documents utilisés afin de rédiger le glossaire GALLAGHER, Michael, MITCHELL Paul, The Politics of Electoral Systems, 2005, Oxford University Press : https://www.electionsquebec.qc.ca/documents/pdf/DGE-6360-annexes.pdf

Election indices :http://www.tcd.ie/Political_Science/staff/michael_gallagher/ElSystems/Docts/ElectionIndices.pdf

« Quoi mesurer et comment ». Mouvement Démocratie Nouvelle.www.democratienouvelle.ca

Élections législatives françaises 2017. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Élections_législatives_françaises_de_2017 (page consultée en novembre 2017).

La République en Marche ! (Assemblée nationale). En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_La_République_en_marche_(Assemblée_nationale) (page consultée en novembre 2017).

La République en Marche !. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_République_en_marche_! (page consultée en novembre 2017).

Groupe du Mouvement démocrate et apparentés. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_du_Mouvement_démocrate_et_apparentés (page consultée en novembre 2017).

Mouvement démocrate (France). En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_démocrate_(France) (page consultée en novembre 2017).

Groupe Les Républicains (Assemblée nationale). En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Les_Républicains_(Assemblée_nationale) (page consultée en novembre 2017).

Les Républicains. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Républicains (page consultée en novembre 2017).

Groupe socialiste (Assemblée nationale). En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_socialiste_(Assemblée_nationale) (page consultée en novembre 2017).

Parti socialiste (France). En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_socialiste_(France) (page consultée en novembre 2017).

Groupe La France insoumise. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_La_France_insoumise (page consultée en novembre 2017).

La France insoumise. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_France_insoumise (page consultée en novembre 2017).

Groupe de la Gauche démocrate et républicaine. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_la_Gauche_démocrate_et_républicaine (page consultée en novembre 2017).

Europe Écologie Les Verts. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Europe_Écologie_Les_Verts (page consultée en novembre 2017).

Front national (parti français). En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_(parti_français) (page consultée en novembre 2017).

Parti communiste français. En ligne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_français (page consultée en novembre 2017).

 

 

Ce contenu a été mis à jour le 4 décembre 2017 à 22 h 23 min.

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